Du fromage, du vin, du pain et un québécois

lundi 29 janvier 2007

À la recherche d'un appart. et d'un fer à repasser

Bon et bien, après cette courte pause. Je peux enfin continuer ma petite histoire si ça vous intéresse bien sûr :) Je vais essayer d'aller un peu plus vite question de rattraper le temps perdu. Alors dans ce message, je vous parlerai de ma première semaine à Paris (par chance que j'avais pris beaucoup de notes).

Ma première semaine commence un peu follement. Tout d'abord, je ne suis pas encore remis du décalage horaire et j'ai fini de travailler jeudi dernier alors c'est pas évident en ce lundi mâtin. Autre problème, l'hôtel n'a pas de fer à repasser bien que ce soit écrit dans la brochure. Peut-être que le préposé au comptoir n'a rien compris de ce que j'ai dit aussi, ça arrive par moments. Or, toutes mes chemises et pantalons sont dans un piteu état après ce long voyage coincé dans ma valise. En plus, je ne sais pas vraiment comment faire un noeud de cravate. Disons que je suis pas un grand fan de cet étrangleur à la mode. Ça commence bien ...

Toutefois, ce mâtin là j'ai de la chance (et oui parfois elle est du bon côté). Je réussis à trouver un ensemble pas trop frippé et une cravate dont le noeud est encore fait. J'enfile le tout en vitesse, je descend dans la salle à manger de l'hôtel pour prendre mon petit déjeuner composé de boulangerie, jus et café (léger mais très bon) avant de foncer prendre le métro en direction des bureaux de mon employeur. Le trajet me prend une bonne demi-heure mais c'est à ce moment que je vis un de mes premiers chocs culturels par rapport au comportement des gens dans le métro. Ici on ne fait pas la queue et on ne laisse pas les gens sortir du métro. Dès que les portes ouvrent, on essaie de se précipiter à l'intérieur sans faire attention aux autres. Comme si ça allait passer... Les parisiens ne se gênent pas non plus pour vous dépasser dans les queues vers les escaliers, pour vous couper le passage, ... Ils essaient même pas de vous éviter la plupart du temps. C'est comme le jeu du "chicken" sur les voies ferrées au Québec : on attend jusqu'au dernier instant pour essayer d'éviter l'autre. Vous me direz que c'est comme ça dans toutes les grandes villes, peut-être mais je n'avais jamais eu cette impression avant et qui perdure toujours. Bon je ne veux pas passer pour le grand chialeux, Paris a beaucoup de bons côtés après tout mais je dirais que c'est l'aspect que j'aime le moins de cette ville jusqu'à présent.

Une fois arrivé au travail, on me présente quelques collègues, on va prendre prendre un petit café (de machine, 0,30 euros pas cher :)) et ensuite on m'installe à un poste pour la mâtinée question que je règle tous mes trucs (surtout mon compte de banque). Il y a un autre québécois dans la pièce qui travaille en France depuis plusieurs années alors on discute beaucoup et il m'apprend plein de choses sur les différences France/Québec. Très utile disons. J'ai très rapidement la chance de mettre en pratique car j'appelle la banque pour ouvrir mon compte et demande à parler à la personne qui m'a été référée par la compagnie (car elle est habituée de traîter les cas des détachés canadiens). La personne a l'autre bout du fils me demande d'attendre un instant et je l'attend ensuite discuter avec quelqu'un pour me faire dire qu'elle est absente en ce moment et de rappeller plus tard. Bizarre. Mon collègue québécois m'explique alors que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire ici en France. En France, on pose rarement une question vite et précise sans prendre le temps d'aborder la discussions et d'expliquer le contexte. Je rappelle donc 30 minutes plus tard. Cette fois-ci j'aborde la conversation de cette manière : "Bonjour monsieur. Excusez-moi de vous déranger, je travaille pour tel employeur. Je suis détaché et ....". Résultat : j'ai un rendez-vous le jeudi suivant.

Vient l'heure du déjeuner (diner), je pars à la recherche d'un adaptateur pour mon ordinateur car celui que j'avais apporté n'a que 2 trous (bref pas de ground). Mon ordinateur portable est vraiment très important car il constitue le seul moyen pour moi de rester en communication avec tout le monde au Québec. Bref, je fais 3 magasins et je trouve absolument rien. Tant pis, je rentre au boulot. L'après-midi est un peu plus dur. On me pratique à faire des entrevues car ici les consultants sont questionnés et approuvés par le client avant d'être envoyés sur un projet. Là-dessus, je trouve qu'on aurait intérêt à suivre leur exemple. On éviterait peut-être certains désastres notamment au gouvernement. Enfin, à la fin de la journée, je commence à bien m'en sortir ce qui tombe bien car j'ai déjà une entrevue le lendemain pour une banque. Finalement, le soir je rentre à l'hôtel et je ne resors que pour aller bouffer parce que je suis trop crevé. Avant de me coucher, je règle le problème du repassage en mouillant mes chemises et en les laissant sécher dans ma salle de bain. Une pièce de robot pour Alex!! Je décide aussi de porter la même cravate en attendant d'avoir accès à internet pour apprendre comment faire ce satané noeud.

Le lendemain, tel que convenu, je me rends au lieu de l'entrevue tôt le mâtin, à vrai dire un peu plus tôt que prévu. C'est que la veille un collègue français m'a indiqué d'aller visiter la FNAC pour trouver un adaptateur pour mon portable. Qu'est-ce que la FNAC? Il s'agit d'un mix de Archambault/Future Shop à la française qui offre à peu près tout ce qui peut exister au niveau divertissement. J'aime beaucoup cette chaîne. Bref, je me dépêche de me rendre à cet endroit avant l'entrevue, pour y découvrir une foule de monde. Au début je comprends pas trop, je me dis qu'ils doivent avoir reçu des Wii ou un truc du genre. À mesure que j'attends l'ouverture, la foule grossit encore et encore. Lorsque les portes ouvrent, c'est la frénésie totale C'est seulement une fois à l'intérieur, que je comprends ce qui se passe : c'est le lancement de World of Warcraft Expansion Pack. Merde j'ai pas choisi la meilleure des journées pour faire mes achats. Ma chance a encore frappé. On devrait me rennomer le paratonerre. Finalement, je trouve un adaptateur et je fonce payer car j'ai peur d'être en retard avec toute cette foule. En route, vers mon entrevue, j'ouvre l'emballage et je découvre avec bonheur que cet adaptateur n'a pas plus de ground. Argh! Tant pis, j'ai pas le temps d'aller en acheter un autre.

L'entrevue se déroule plutôt bien. Le milieu a l'air sympathique : il n'y a pas de paravents :) Ils m'indiquent que j'aurai des nouvelles jeudi. Cool! J'appelle ensuite mon responsable pour savoir si je dois retourner à l'entrerise. Je suis chanceux car il me donne l'après-midi pour arranger tous mes trucs. Là je suis content car je suis assez fatigué et surtout je vais pouvoir retourner chercher ces %#?$% d'adaptateurs à la FNAC. Finalement, après un peu plus de 15 mins de recherche (ce magasin fait 5 étages...), je trouve enfin un petit coin rempli de cet accessoire indispensable et là je peux voir au travers de l'emballage que ceux-ci supportent les grounds. J'en achète 2 au passage et je retourne à l'hôtel. Je passe le reste de la journée à relaxer et à écouter des films. J'apprends aussi à faire ce noeud de cravate à la con en utilisant un site internet. Pas très compliqué finalement mais bon faut bien apprendre quelque part.

Mercredi, rien de spécial, je passe une partie de l'avant-midi à lire et écrire des mails et l'après-midi je passe une entrevue pour une autre banque. Là ça se passe vraiment très bien et de ce que je comprends ils me veulent au plus vite. Ça s'annonce bien. Le soir arrivé, je dois visiter un appartement. Je me rends là-bas. Déjà j'aime pas trop le quartier. Assez moche disons et les parages sont pas très rassurants. Mon idée est déjà faite mais tant qu'à être ici, autant allez visiter l'appartement. Le gars est sympathique et aime bien mon accent car il aime bien les bougons (il les télécharge sur le net). Il a l'air de quelqu'un de bien mais l'appartement n'est vraiment pas beau (en ruine serait un meilleur terme). Je lui dis que je lui donnerai des nouvelles d'ici lundi mais mon idée est déjà faite. De retour à l'hôtel, je vérifie mes courriels et je m'aperçois que Sophie, la fille dont j'ai visité l'appartement dimanche, m'offre d'être son colocataire. Je suis très content et je crois bien accepté mais je préfère attendre car le lendemain je visite un autre appartement.

Le jeudi, je goûte à mes première pièces de boulangeries et patisseries. Entre autre, pain au chocolat, éclair, croissants, ... Succulent, j'aimerais bien qu'on aille autant de petites boulangeries comme ça au Québéc. À vrai dire, la réputation culinaire de la France n'est pas exagérée. C'est vrai que les restaurants sont chers mais c'est rarement de mauvaise qualité. Par exemple, je suis allé avec quelques collègues dans une sorte de restaurant rapide pour le midi (style cafétéria ou traiteur). Et bien, les pâtes étaient délicieuses et le dessert un petit gâteau était digne d'un patissier alors que pour le prix je m'attendais à quelque chose à la mcdo. C'est très rare que l'on sert quelque chose de mauvais ici même lorsque c'est pas cher. J'adore jusqu'à maintenant la nourriture en France. Pour le reste de la journée, il se passe pas grand chose, je lis et passe mon temps à visiter des sites Web. Je vais ouvrir mon compte à la banque en fin de matinée et je vais ensuite déjeuner avec mon collègue québécois dans un restaurant de bifteck à l'américaine (un peu de viande ça fait du bien). Ils nous apportent du pain mais comme toujours sans beurre. Eh oui la plupart des français mangent leur pain sans beurre ce qui est inconcevable pour nous. J'ai ainsi la chance de demander pour la première fois du beurre dans un restaurant depuis que je suis à Paris. Pour ceux qui ne le savent pas, les parisiens ne comprennent absolument pas notre façon de prononcer "beurre". Je crois que c'est le mot le plus détesté des Québécois visitant Paris. Le serveur me fait répéter 2 fois mais il est sympathique alors pas de soucis et on obtient finalement ce que l'on veut. Le soir venu, je visite un autre appartement, cette fois-ci dans le premier arrondissement juste à côté de la plus grande station de métro/train de Paris. Le bâtiment est très beau et en plus il y a une cour intérieure. Je monte au premier où Fred (un français de 25 ans) et Tanya (une espagnole de 23 ans) me font visiter. L'appartement est tout simplement génial par rapport à tout ce que j'ai vu auparavant. Il a un salon et une salle à manger, un jacuzzi, un lave-vaisselle et énormément de rangement. Tout est meublé de façon très élégante et il y a même des tapis. En plus, l'appartement est en plein centre du centre-ville de Paris alors il y a tout ce qu'il faut dans les parages. Ce n'est pas nécessaire de toujours prendre le métro. Je discute un peu avec Tanya et Fred et ils semblent fort sympathiques. À ce moment, je suis fortement intérressé à l'appartement alors question d'évaluer mes chances, je leur demande combien de visiteurs ils ont eu jusqu'à maintenant : 7. Bref j'ai de la compétition. En repartant, j'ai ce sentiment que c'est ici que j'aimerais rester. Malheureusement, il ne seront pas en mesure de me donner des nouvelles avant la semaine suivante. Le dilemme se pose : Est-ce que je prends le risque ou bien je bien j'accepte l'offre de Sophie (elle veut une réponse pour le lendemain mâtin). Son appartement est très bien et elle est très sympathique. Toutefois, j'ai vraiment peur de déprimer en ayant qu'une seule pièce où habiter et cet appartement a quelque chose de magnétique qui m'attire vers lui. Je décide de tenter le tout pour le tout et d'opter pour cet appartement que je viens de visiter.

Le vendredi c'est plutôt calme mais j'ai la confirmation que ma 2ème entrevue fut la bonne: je commence un mandat mardi prochain. Le reste de la journée, je lis et essaie de remettre à jour dans plusieurs trucs que j'ai voulu faire pendant longtemps. Très relax mais durant la journée j'ai un mail de Fred me disant qu'ils veulent allez prendre une bière avec moi ce soir question de mieux me connaître. Là je suis vraiment content car je sais que s'ils veulent me revoir c'est que j'ai de très bonnes chances d'avoir l'appartement et en plus je vais pouvoir sortir à mon premier vendredi soir à Paris. La vie fait bien les choses parfois :) J'accepte et je vais les rejoindre vers 20h30 à leur appartement. On opte pour un bar cubain et on discute. Tanya et Oscar (le colocataire qui quitte et est aussi espagnol) sont surpris de mon accent car ils ne connaissaient pas le Québec et on souvent de la difficulté à me comprendre. C'est assez amusant et je suis content de rencontrer des gens de d'autres pays. Surtout que l'Espagne m'a toujours attiré. J'adore cet accent et j'espère bien pouvoir visiter ce pays durant mon séjour ici. On passe une super belle soirée et ils me disent que dimanche j'aurai une réponse. Je rentre un peu éméché pour ne pas dire chaud. J'écoute quelques films avant de dormir d'un sommeil lourd et profond. Le lendemain je me réveille pour découvrir un petit email de Tanya et Fred : "Bienvenue nouveau colocataire". La fin de semaine commençait bien!

2 commentaires:

  • Salut Pouet!

    Tes colocs ont l'air cool. Les paris vont bon train en ce qui concerne ta vie amoureuse à Paris! On a ben de l'imagination. Ici c'est Super bowl night (à la mi-temps: 16 à 14 pour les Colts)!

    Alors, de la part de René, Lucie, Pat, Isabe, Will, Mat et Julie, bonne semaine! Merci pour les nouvelles!

    Par Blogger Julie, À 4 février 2007 à 20 h 46  

  • J'ai pas tout lu, mais j'ai un site pour toi pour tes noeuds de cravate.

    Je te reviens pour le reste :)

    http://www.tie-a-tie.net/windsor.html

    Par Blogger Véro, À 5 février 2007 à 20 h 56  

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